1938 : Le Wyatt Earp

L’américain Lincoln Ellsworth, qui dirige la quatrième et dernière expédition de reconnaissance aérienne de l’Antarctique, fait escale à Port-Jeanne d’Arc à bord du Wyatt Earp en novembre 1938.


 
1939 : Le Bougainville, le Schleswig-Holstein

Le Bougainville - En cette année 1939, le Bougainville, aviso stationnaire de l’Océan Indien, est chargé de mener une mission dans les terres australes. Des scientifiques renommés sont à son bord, en particulier René Jeannel, professeur au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris, et le docteur Seince, spécialiste en minéralogie. Après avoir visité les îles Marion et Crozet, l’aviso, commandé par le Capitaine de vaisseau Fabre de la Ripelle, arrive dans les Iles Kerguelen, à Port Christmas, où une cérémonie aux couleurs a lieu. Trois autres cérémonies seront faites à l’Ile du Chat, à Port Couvreux et à la Cascade de la Lozère. Après deux semaines d’exploration sur les côtes est et sud des Kerguelen, le Bougainville regagne l’Ile de la Réunion après avoir fait escale à l’Ile Amsterdam.

Le Schleswig-Holstein – En cette même année 1939, le croiseur allemand Schleswig-Holstein effectue une mission d’observation le long des côtes des Iles Kerguelen.



 
1940-1941 : Corsaires allemands, l’Australia

L’Atlantis – Le corsaire allemand Atlantis, capitaine Rogge, arrive aux Kerguelen le 14 décembre 1940. Le navire doit être révisé à l’abri des regards indiscrets, refaire son camouflage et faire le plein d’eau douce. Après qu’un commando ait vérifié l’absence de soldats étrangers, le capitaine décide de mouiller près de Port Couvreux, dans le Bassin de la Gazelle. L’Atlantis subit le même sort que le Lozère douze ans auparavant et s’empale sur des hauts fonds. Trois jours d’efforts seront nécessaires pour dégager l’Atlantis de son piège. Les travaux peuvent commencer. La veille de Noël, le matelot Herrman fait une chute et ne survit pas à ses blessures. Il est enterré sur place le 31 décembre. Pendant le séjour, l’hydravion de l’Atlantis effectue plusieurs reconnaissances aériennes. Le navire repart des Kerguelen le 10 janvier 1941, sous le nouveau nom de Tamesis.

Le Komet, le Pinguin, l’Alstertor, l’Adjutant – Le corsaire allemand Komet, capitaine Eyssen, arrive aux Kerguelen le 06 mars 1941. Le Pinguin, capitaine Krüder, le bateau ravitailleur Alstertot et un baleinier capturé en Géorgie du Sud, l’Adjutant, se rendent également sur ordre aux Kerguelen. Les quatre navires se retrouvent le 12 mars sur leur lieu de rendez-vous, à 10 milles à l’est des îles. Le lendemain, en raison du mauvais temps, les navires se réfugient dans le Bras de la Fonderie pour continuer les opérations. Le 14 mars, le Komet quitte les Kerguelen, suivi le 18 mars par l’Alstertor et le 25 mars par le Pinguin et l’Adjutant.

L’Australia – Soupçonnant la présence de navires ennemis aux Kerguelen, la Royal Navy australienne envoie l’Australia inspecter les Iles Kerguelen. Le croiseur lourd reste dans les îles du 01 au 04 novembre 1941. Il trouve des traces du passage des allemands et pose des mines dans quatre endroits stratégiques : le Détroit de Tucker, le Bassin de la Gazelle, à Port des Iles et dans le chenal à l’est de l’Ile Longue.


 
 
Le corsaire allemand Atlantis


 
1947 : Projet d’établissement

Dès 1947, en France, l’Office de la Recherche Scientifique Coloniale travaille sur un projet d’établissement permanent dans les Iles Kerguelen. Il est aidé en cela par Edgar Aubert de la Rüe.


 
1948 : Le Wyatt Earp, proposition de résolution

Le Wyatt Earp - Le 15 février 1948, le Wyatt Earp fait escale aux Kerguelen après avoir déposé la première mission scientifique australienne à l’Ile Heard.

Proposition de résolution – Le 08 avril 1948, en France, est déposé à l’Assemblée Nationale une proposition de résolution affirmant les "droits de souveraineté de la France sur les îles australes françaises".



 
1949 : Le Labuan, décisions françaises, le Lapérouse, Port-aux-Français

Le Labuan – Le 13 février 1949, le Labuan fait escale aux Kerguelen après avoir récupéré les membres de la première mission de l’Ile Heard.

Résolution – Le 14 avril 1949, en France, l’Assemblée Nationale vote une résolution tendant à inviter le gouvernement à "affirmer et à matérialiser les droits de souveraineté de la France sur les îles australes françaises, notamment l’archipel Kerguelen, et à y envoyer dans les délais les plus brefs une mission économique, scientifique et militaire".

Budget – Le 04 novembre, un crédit de 20 millions de francs est voté pour mettre en œuvre la résolution.

Le Lapérouse, Port-aux-Français – Le 11 décembre, l’aviso Lapérouse, commandant B. Dupont de Dinechin, arrive aux Kerguelen. Muni de 130 tonnes de matériel et de vivres, le chef de mission Pierre Sicaud doit choisir un emplacement pour la future base permanente et repérer des sites pour la création d’une piste d’aviation. Le 16 décembre, le choix est fait : la base sera installée dans une petite anse du Golfe du Morbihan. Pierre Sicaud baptise cette base Port-aux-Français.

Aubert de la Rüe – Le géologue Edgar Aubert de la Rüe fait partie de la campagne. Il profite de son séjour pour explorer en particulier la Péninsule Courbet.

Loi – Le 20 décembre 1949, une loi est votée, autorisant l’organisation d’une mission d’études aux Kerguelen et à Crozet. Les fonds sont avancés par le Fonds d’Intervention et de Développement Economique et Social.

Arrêté – Le 31 décembre 1949, le journal officiel publie un arrêté créant un "district austral, constitué par les territoires des îles Saint-Paul et Amsterdam, des archipels Kerguelen et Crozet et de la Terre Adélie, rattaché à la province de Tamatave".



 
1950 : Port-aux-Français, le Labuan, le Commandant Charcot, décision française

Port-aux-Français – Le 16 janvier 1950, le Lapérouse quitte les Kerguelen en laissant hommes et matériel pour débuter les travaux d’installation de la future base. Edgar Aubert de la Rüe est à son bord.

Le Labuan – Le navire australien Labuan fait escale à Port-aux-Français du 26 au 28 février.

Le Commandant Charcot – Le 05 avril, le navire polaire Commandant Charcot arrive aux Kerguelen pour rapatrier les membres de la campagne d’été. L’hydravion du bord profite de l’escale pour effectuer des prises de vues aériennes. Le Commandant Charcot repart avec tous les membres de la campagne d’été le 08 avril.

Décision française – Le 08 septembre 1950 est prise la décision "de créer un poste permanent à l’archipel des Kerguelen, comme avait déjà été créé dès 1949 un poste radio-météorologique permanent à l’île de la Nouvelle-Amsterdam...".



 
1951 : Port-aux-Français, le Labuan, Le Lapérouse, le Discovery II

Port-aux-Français - L'Italo Marsano, navire italien affrété par les Messageries Maritimes, mouille devant Port-aux-Français le 03 janvier 1951. Les membres de la campagne d'été, chef de mission Pierre Sicaud, débarquent avec matériel et provisions. Le navire repart le 21 janvier.

Le Labuan - Le navire australien Labuan fait escale à Port-aux-Français les 11 et 12 février 1951.

Le Lapérouse, Port-aux-Français - L'aviso Lapérouse, commandant Petit, arrive aux Kerguelen le 03 mai 1951 et repart dès le lendemain avec, à son bord, le personnel de la campagne d'été. Le premier hivernage à Port-aux-Français commence, sous la direction du chef de mission F. Armengaud.

Le Discovery II - Le navire Discovery II, commandé par Sir Blackburn, fait escale à Port-aux-Français les 02 et 03 septembre, rompant l'isolement de la base.



 
1952 à nos jours : Port-aux-Français

Depuis le premier hivernage à Port-aux-Français en 1951, les missions se sont renouvelées d'année en année jusqu'à nos jours, assurant ainsi l'occupation française permanente des Iles Kerguelen. Mais ceci est une autre histoire...


 
Sources :

Amiral de BROSSARD : Kerguelen. Tome 1 : Le découvreur. Tome 2 : Le découvreur et ses îles. Editions France-Empire, 1970.
COUESNON, Pierre et GUYADER, André : Histoire postale des Terres Australes et Antarctiques Françaises, des origines à 1955. Publié à compte d'auteur, 1999.
DELEPINE, Gracie : Les îles australes françaises, Editions Ouest-France, 1995.
DELEPINE, Gracie : Histoires extraordinaires et inconnues dans les mers australes, Kerguelen, Crozet, Amsterdam et Saint-Paul. Editions Ouest-France, 2002.
DUCHENE, Jean-Claude : Kerguelen, recherches au bout du monde. Territoire des Terres Australes et Antarctiques Françaises, 1989