1920-21 : Anglo-norvégiens, Port Couvreux

Anglo-norvégiens - Cinq navires anglo-norvégiens (le Kilfenora, le Kildalkey, le Plough, le Galaxy et le Sound of Jura) de la nouvelle société exploitante Irwin & Johnson quittent Cape Town le 20 septembre 1920 à destination des Iles Kerguelen pour une nouvelle campagne de chasse.

Port Couvreux - Embarqué à bord, le berger Alfred Alaverry, mandaté par les frères Bossière, constate que le troupeau de Port Couvreux n’a pas survécu. Il repart des Kerguelen en décembre 1920 à bord d’un navire qui transporte un chargement d’huile.



 
1922 : Anglo-norvégiens, Port Couvreux

Anglo-norvégiens – Nouvelle campagne de chasse, menée par six navires : le Kilfenora, le Kildalkey, le Plough, le Galaxy, le Sultan van Langkat et le Golden Crown. La flottille arrive dans les îles le 12 novembre 1922.

Port Couvreux – Deux bergers, Alfred Alaverry et Paul Aubé profitent du voyage des norvégiens. Ils débarquent à Port Couvreux avec un nouveau cheptel de moutons.



 
1923 : Anglo-norvégiens, Port Couvreux, Etienne Peau

Anglo-norvégiens – Fin mars 1923, après leur campagne de chasse, les navires quittent les Kerguelen, sauf le Plough et le Galaxy qui restent amarrés à Port-Jeanne d’Arc jusqu’à la prochaine campagne.

Port Couvreux – Le navire citerne Oural, affrété par la société anglo-norvégienne, arrive aux Kerguelen le 03 décembre 1923. A son bord, un nouveau berger, Joseph Jégu, rejoint ceux déjà présents à Port Couvreux.

Etienne Peau – Grâce à René Bossière, le Havrais Etienne Peau et son fils Lionel sont également à bord de l’Oural. Etienne Peau va effectuer une mission scientifique de trois mois et demi dans les îles, pendant laquelle il récoltera de nombreux échantillons et effectuera de nombreuses prises de vues photographiques et cinématographiques.

Anglo-norvégiens – La nouvelle campagne de chasse comporte, outre l’Oural, cinq autres navires : le Kilfenora, le Kildalkey, le Plough, le Galaxy et le Hamlet.



 
1924 : L’Oural, anglo-norvégiens, décrets, l’Erivan

L’Oural – Le navire quitte Port-Jeanne d’Arc le 15 mars 1924. Il emmène à son bord Etienne Peau et son fils, ainsi que le berger Alfred Alaverry que remplace Joseph Jégu à Port Couvreux.

Anglo-norvégiens – Le navire usine Radioleine, nouvelle acquisition de la Kerguelen Sealing & Whaling Co Ltd (filiale de la société Irwin & Johnson) arrive aux Kerguelen fin août 1924 avec une flottille de petits chasseurs qui peuvent explorer des baies inaccessibles aux plus gros navires.

Décrets – Le 21 novembre 1924 est signé un décret rattachant les îles Saint-Paul et Amsterdam, les archipels Crozet et Kerguelen et la Terre Adélie au gouvernement général de Madagascar. Le 30 décembre un arrêté ministériel abroge celui du 26 mars 1896 et retire le titre de Résident de France aux îles Kerguelen à René Bossière. Toujours le 30 décembre, la France, qui prend conscience des ravages exercés par les norvégiens dans les Kerguelen, signe un décret érigeant une partie des Kerguelen en parc national.

L’Erivan – Le vapeur norvégien fait naufrage aux Kerguelen le 30 décembre et perd sa cargaison de 10 000 barils d’huile. L’équipage se réfugie sur un îlot voisin, puis est secouru par le Kilfenora.



 
1925 : Anglo-norvégiens, Port Couvreux, Le Lozère

Anglo-norvégiens – Le Kilfenora quitte les Kerguelen au début de l’année 1925, emportant à son bord l’équipage de l’Erivan.

Port Couvreux – Le Radioleine quitte les îles le 29 mars 1925, avec à son bord les bergers de Port Couvreux Paul Aubé et Joseph Jégu.

Le Lozère – Affrété par les frères Bossière et commandé par Edouard Paul Amour, le Lozère arrive dans les Iles Kerguelen en octobre 1925 pour entamer une campagne de chasse. Le navire dépose également trois bergers à Port Couvreux : Alfred Alaverry, Joseph Laroche et Joseph Jégu.



 
1926 : Le Lozère, Port Couvreux, anglo-norvégiens

Le Lozère – Après sa première campagne, le Lozère repart des Kerguelen en mars 1926.

Port Couvreux – Le Lozère repart avec Alfred Alaverry, laissant les deux bergers Joseph Laroche et Joseph Jégu à Port Couvreux.

Le Lozère – Le navire, commandé par Albert Fontaine, arrive aux Kerguelen pour sa deuxième campagne le 13 octobre 1926. Il est accompagné par le chalutier Arques, qui arrive à son tour dans les îles le 23 novembre.

Anglo-norvégiens – Pour la campagne 1926-1927, la flotte anglo-norvégienne compte sept navires : le Radioleine, le Sound of Jura, le Kildalkey, le Kilfenora, le Hamlet, le Plough et le Galaxy.



 
1927 – Le Lozère, Port Couvreux, anglo-norvégiens

Le Lozère – Le Lozère quitte les Kerguelen début mars 1927, après avoir effectué sa deuxième campagne de chasse, laissant l’Arques hiverner.

Port Couvreux – Joseph Laroche se noie à bord de son doris le 16 avril 1927.

Anglo-norvégiens – Fin de la campagne de chasse 1926-1927 et début de la campagne 1927-1928.

Le Lozère, Port Couvreux – Toujours commandé par Albert Fontaine, le Lozère arrive aux Kerguelen pour sa troisième campagne de chasse. Le navire transporte trois agents cyclistes havrais (Pierre Petit, Léon Ménager et Georges Le Galloudec) et leurs épouses qui vont relever à Port Couvreux les bergers en place. Arrivé le 08 octobre à Port Couvreux, l’équipage apprend la mort de Joseph Laroche. Le 13 décembre, l’Arques, qui accompagne le Lozère, s’échoue. De retour à Port Couvreux le 22 décembre, le Lozère apprend que Georges Le Galloudec a disparu, depuis trois semaines. Le 01 décembre, une panne moteur de leur doris a pris au dépourvu les trois bergers. Seuls Pierre Petit et Léon Ménager parviendront à rejoindre Port Couvreux après avoir erré trois jours dans une tempête de neige. Des recherches sont entreprises et le corps de Georges Le Galloudec est retrouvé le 23 décembre.



 
1928 : Le Lozère, Port Couvreux, anglo-norvégiens, l’Austral, Aubert de la Rüe

Le Lozère, Port Couvreux - Le 04 février 1928, un télégramme d’Henri Bossière ordonne à Albert Fontaine d’abandonner sur place l’Arques, trop endommagé. Le 12 février à 6 h 15, le Lozère heurte à son tour un haut fond en franchissant le Détroit de la Gazelle. A 20 h 40, l’ordre est donné d’abandonner le navire et sa cargaison de 1220 tonnes d’huile. Les naufragés se réfugient à Port Couvreux le 15 février.

Anglo-norvégiens – La campagne de chasse anglo-norvégienne se termine en mars. Le Kildalkey embarque les naufragés du Lozère, ainsi que Madame Le Galloudec et sa fille, Madame Ménager et Joseph Jégu.

L'Austral - Pour remplacer le Lozère et l'Arques, la société Pêches Australes des frères Bossière achète l'Austral et l'Espérance. L'Austral, commandé par Marcel Clair Pherivong, arrive aux Kerguelen le 12 novembre 1928 pour sa première campagne. L'Espérance le rejoint à la fin du mois.

Aubert de la Rüe - Mandatés par les frères Bossière pour effectuer des prospections minières, le géologue Edgar Aubert de la Rüe et son épouse sont également débarqués à Port Couvreux le 13 novembre.

Anglo-norvégiens - Nouvelle campagne de chasse.


 
 
Edgar et Andrée Aubert de la Rüe


 
1929 : Aubert de la Rüe, anglo-norvégiens, l'Austral, Port Couvreux,                 le Deucalion, le Discovery II

Aubert de la Rüe, anglo-norvégiens - Le géologue et son épouse embarquent le 08 janvier 1929 à bord du Radioleine, où ils sont les hôtes du chef d'expédition norvégien M. B. Olsen. Après avoir participé à une exploration prospective de l'Ile Heard (île australienne située au sud des Kerguelen) à bord des chasseurs Imhof et Kildalkey, le couple visite l'ouest des Iles Kerguelen à bord du Ben Edra.

Anglo-norvégiens - Le Radioleine et sa flottille quittent définitivement les terrains de chasse des Iles Kerguelen le 23 février 1929. Le contrat des anglo-norvégiens arrive en effet à terme et n'est pas reconduit par les autorités françaises.

L'Austral - Le navire mène sa campagne de chasse dans le nord-est des Kerguelen et à l'entrée du Golfe du Morbihan. Il repart des îles le 25 février, en laissant sur place en hivernage l'Espérance.

Port Couvreux - Avant de repartir, le Lozère débarque à Port Couvreux le 23 février deux nouveaux bergers, Léon Louis Le Bail et Jean Robert Berlier. Léon Ménager et sa fille Léone repartent avec le bateau. Pierre Petit et son épouse restent en compagnie des deux nouveaux bergers.

Le Deucalion - Le 27 avril 1929, les bergers de Port Couvreux reçoivent la visite du steamer anglais Deucalion, à la recherche d'un voilier école disparu.

Anglo-norvégiens - En route pour une campagne de chasse à l'Ile Heard, les chasseurs anglo-norvégiens font escale à la Cascade de la Lozère pour faire le plein d'eau douce. A cette occasion, trois d'entre eux rendent visite aux bergers de Port Couvreux le 26 juillet, le 18 août et le 28 août.

L'Austral, Port Couvreux - Arrivé aux Kerguelen pour sa deuxième campagne de chasse, l'Austral mouille à Port Couvreux le 14 octobre. Léon Ménager et son épouse reviennent en tant que bergers, accompagnés de deux nouvelles recrues, Joseph Lemartret et Amboise Clausier. L'austral repart le 17 octobre sur ses lieux de chasse.

Le Discovery II - Dirigée par Sir Douglas Mawson, l'expédition polaire du Discovery II qui associe la Grande Bretagne, l'Australie et la Nouvelle Zélande arrive dans les Iles Kerguelen en novembre 1929. Le navire arrive à Port-Jeanne d'Arc où l'attend un dépôt de charbon. L'hydravion Matha du navire effectue le premier survol des îles et se pose à Port Navalo, où les aviateurs rencontrent l'équipage de l'Austral. Le Discovery II quitte les Kerguelen le 24 novembre.

Anglo-norvégiens - L'Erno visite Port Couvreux les 24 et 25 novembre 1929. Début décembre, le Radioleine, de retour de l'Ile Heard, passe à son tour à Port Couvreux après s'être approvisionné en eau douce.



 
1930 : L'Austral, Port Couvreux

L'Austral, Port Couvreux - Le 25 février 1930, l'Austral quitte les Kerguelen, avec à son bord plusieurs bergers de Port Couvreux, Pierre Petit et son épouse, Léon Le Bail et Jean Berlier. Restent à la station Léon Ménager et son épouse, Joseph Lemartret et Amboise Clausier, où le climat et le manque de moyens logistiques continuent de décimer le cheptel.

L'Austral - Le navire, commandé par Emile Bourge, arrive aux Kerguelen pour sa troisième campagne le 05 décembre 1930. Il mouille à Port Couvreux.

Port Couvreux - L'Austral découvre que Joseph Lemartret et Amboise Clausier sont décédés du scorbut. Seuls Léon Ménager et son épouse ont survécu.



 
1931 : L'Antarès, Aubert de la Rüe, l'Austral, Port Couvreux

L'Antarès - L'aviso, commandé par le capitaine de frégate Perot, arrive dans les Iles Kerguelen, à Port-Jeanne d'Arc le 22 janvier 1931. Il a pour mission de marquer la souveraineté nationale dans les îles australes françaises.

Aubert de la Rüe - Officiellement mandatés pour un séjour d'exploration d'un an, Edgar Aubert de la Rüe et sa femme arrivent à Port-Jeanne d'Arc le 25 janvier, à bord de l'Ile Saint Paul. Le vapeur est chargé d'apporter du charbon à l'aviso déjà sur place.

L'Austral, Port Couvreux - Le navire, accompagné par l'Espérance, rejoint l'aviso et le vapeur à Port-Jeanne d'Arc, puis repart poursuivre sa campagne de chasse. Le 28 mars, l'Austral reçoit un SOS de Saint-Paul où sévit une terrible épidémie de béribéri dans la conserverie de langoustes des frères Bossière. Le couple Edgar de la Rüe, qui devait hiverner à Port-Jeanne d'Arc et les derniers bergers de Port Couvreux sont embarqués en catastrophe par le navire qui part porter secours d'urgence au personnel de l'île. Le scandale qui s'en suivra, ainsi que les difficultés financières, mettra fin aux activités des frères Bossière.Les Iles Kerguelen sont à nouveau désertées.



 
Sources :

Amiral de BROSSARD : Kerguelen. Tome 1 : Le découvreur. Tome 2 : Le découvreur et ses îles. Editions France-Empire, 1970.
COUESNON, Pierre et GUYADER, André : Histoire postale des Terres Australes et Antarctiques Françaises, des origines à 1955. Publié à compte d'auteur, 1999.
DELEPINE, Gracie : Les îles australes françaises, Editions Ouest-France, 1995.
DELEPINE, Gracie : Histoires extraordinaires et inconnues dans les mers australes, Kerguelen, Crozet, Amsterdam et Saint-Paul. Editions Ouest-France, 2002.
DUCHENE, Jean-Claude : Kerguelen, recherches au bout du monde. Territoire des Terres Australes et Antarctiques Françaises, 1989