1901-1903 : L’expédition du Gauss

La mission scientifique allemande atteint les Iles Kerguelen à bord du vapeur Tanglin le 09 novembre 1901. Il est décidé de s’installer et de construire la station dans la Baie de l’Observatoire, à l’emplacement de l’ancienne station astronomique anglaise de 1874. Le Gauss arrive aux Kerguelen le 31 décembre 1901, avec à son bord le chef de l’expédition, le docteur Erich von Drygalski. Les deux bateaux repartent laissant seuls à la station les trois scientifiques Enzensperger, Luyken et Werth, accompagnés du mécanicien Urbansky et du cuisinier Wiencke. Les travaux scientifiques commencent, en particulier la cartographie et les études sur l’atmosphère. Le 02 avril 1902, le vapeur Essen effectue une brève escale de 48 heures et emporte le courrier. Le béribéri touche l’équipe et Enzensperger décède le 02 février 1903, à l’âge de 29 ans. Le 30 mars 1903, le Stassfurt récupère le reste de l’équipe et repart le 01 avril avec son bord un Werth très malade.


 
1907 : Le Daisy

Campagne de chasse du Daisy, avec à son bord Monsieur Glass, maître d’équipage, de Tristan da Cunha.


 
1908 : Rallier du Baty, Faucon Dasté, norvégiens

Rallier du Baty - Arrivés le 06 mars 1908 dans les Iles Kerguelen à bord du J. B. Charcot, les frères Raymond et Henri Rallier du Baty vont mener à bien de très nombreux relevés hydrographiques et dresser la carte la plus complète de l’époque. Dans cette première expédition, ils sont accompagnés de quatre hommes : le bosco Jean Bontemps, les matelots Léon Agnès et Eugène Larose, et le novice Louis François Esnault. Les frères Rallier du Baty se livreront également à des opérations de chasse pour financer une partie de leur première expédition aux Kerguelen, grâce à un accord passé avec les frères Bossière.

Faucon Dasté – Arrivée du brick goélette Carmen, le 05 octobre 1908, dans les Iles Kerguelen. Le navire, armé par Madame Veuve Augustine Faucon et commandé par le capitaine René Dasté, son nouveau mari, mouille près de l’Ile Howe. La campagne de chasse, autorisée par un accord avec les Frères Bossière, se déroulera principalement sur cette île où abondent les éléphants de mer.

Norvégiens - Après un accord passé avec les frères Bossière pour l’exploitation des Kerguelen, le Jeanne d’Arc (capitaine Ring), de la compagnie norvégienne A/S Kerguelen (Storm, Bull & Co.), arrive dans les îles le 29 octobre 1908. Les deux vapeurs baleiniers l’Eclair et l’Etoile le rejoignent le 14 décembre. La station baleinière de Port-Jeanne d’Arc est construite au sud du Golfe du Morbihan.


 
 
Vestiges de la station de Port-Jeanne d'Arc (1978)


 
1909 : Rallier du Baty, Faucon Dasté, norvégiens

Faucon Dasté – Le Carmen quitte les eaux des Kerguelen pour rallier Melbourne le 31 janvier 1909, avec à son bord 122 tonnes d’huile. L’expédition est un échec financier.

Norvégiens – Le Jeanne d’Arc quitte les Kerguelen le 21 février 1909 pour une escale à Durban où il embarque du matériel et du charbon. Retour le 02 avril 1909. Le Jeanne d’Arc, avec Henri Bossière à son bord, repart des Kerguelen pour Cape Town dès le 21 avril avec sa première cargaison d’huile. Le Jeanne d’Arc revient à la station baleinière le 30 mai 1909.

Rallier du Baty - Le J. B. Charcot repart des Kerguelen le 03 juin 1909, à destination de Melbourne. Quelques jours auparavant, Raymond Rallier du Baty a laissé son frère Henri, malade, aux soins du docteur de Port-Jeanne d’Arc. Il sera rapatrié par le Jeanne d’Arc, début 1910.

Norvégiens – Le Jeanne d’Arc part des Kerguelen le 11 juillet 1909, à destination de Durban, avec son second chargement d’huile. Retour à Port-Jeanne d’Arc le 10 août.



 
1910 : Norvégiens, le Mangoro, le Wakefield, le Winnipeg, l’Eclipse

Norvégiens – Départ du Jeanne d’Arc des Iles Kerguelen le 25 janvier 1910, avec la troisième cargaison d’huile, pour Durban. Henri Raller du Baty, guéri, est à bord du bateau.

Le Mangoro – Augustine Dasté achète un vieux vapeur, le Mangoro, et signe un accord avec le norvégien Johan Bryde. L’expédition, mandatée par la Couronne britannique et comprenant le Mangoro accompagné du baleinier Ørnen, fait une escale technique aux Kerguelen le 20 mars 1910, puis se rend à l’Ile Heard pour une annexion par la Grande Bretagne. Retour aux Kerguelen le 29 mars, dans le Bassin de la Gazelle.

Le Wakefield – Le 07 avril 1910, le Mangoro rencontre un cargo-boat anglais, le Wakefield, près du Bassin de la Gazelle. Ce dernier effectue une courte visite pour retrouver le dépôt de vivres laissé par l’Eure et rechercher le paquebot Wasota qui a disparu pendant sa traversée entre Cape Town et Durban.

Norvégiens – Nouvelle rotation du Jeanne d’Arc qui part vers Durban le 10 avril 1910 avec une nouvelle cargaison d’huile. Retour le 24 mai avec le nouveau personnel de Port-Jeanne d’Arc.

Le Winnipeg – Naufrage du Winnipeg aux Kerguelen fin mai 1910. Les naufragés sont accueillis par les norvégiens à Port-Jeanne d’Arc.

Norvégiens – Le Jeanne d’Arc repart une nouvelle fois des Kerguelen le 04 juin en emmenant les naufragés du Winnipeg et l’ancien personnel de la station baleinière qui a été remplacé.

Le Mangoro – Départ des Iles Kerguelen du Mangoro le 08 juin 1910, à destination de Durban, après avoir capturé 41 baleines.

Norvégiens – Nouvelles rotations du Jeanne d’Arc : départs des Kerguelen à destination de Durban le 25 juillet et le 10 décembre 1910. La dernière rotation transporte une cargaison d’huile de phoque, la chasse à la baleine ayant été momentanément abandonnée.

L’Eclipse – En cette année 1910, le phoquier norvégien l'Eclipse, faisant une campagne de chasse dans les îles subantarctiques, est également passé dans les Iles Kerguelen.



 
1911 : Norvégiens

Nouvelles rotations du Jeanne d’Arc : mi-février 1911 et 08 juillet, à destination de Durban. Après une campagne de chasse à Madagascar, l’Eclair et l’Etoile rejoignent les Kerguelen à la fin de l’année. Un nouveau navire, le Régent les y rejoint.


 
1912 : Mission Decouz-Culet, norvégiens

Profitant d’une rotation du Jeanne d’Arc, le Baron Pierre Decouz et le guide savoyard Valérien Culet débarquent aux Kerguelen le 01 février 1912. Ils sont mandatés par René Bossière pour une "mission d’étude et de contrôle". Après avoir choisi leur lieu d’hivernage - la Baie de l’Observatoire -, ils repartent des Kerguelen le 19 février à bord du Jeanne d’Arc, à destination de Durban, pour chercher un cheptel réduit de moutons et le matériel nécessaire à l’hivernage. Le Régent quitte Port-Jeanne d’Arc le 28 février 1912. Le Jeanne d’Arc revient aux Kerguelen le 26 mars avec à son bord Pierre Decouz et Valérien Culet qui viennent hiverner dans la Baie de l'Observatoire. Le Jeanne d'Arc, l'Espoir et l'Etoile quittent les Kerguelen en avril, emmenant tout le personnel de la station. Seules quatre gardiens restent surveiller la station. L'hivernage des deux français est difficile, isolés qu'ils sont du reste du monde, et c'est avec soulagement qu'ils voient arriver l'Espoir le 18 octobre 1912 (les bateaux norvégiens sont revenus aux Kerguelen pour la nouvelle campagne de chasse). Pierre Decouz et Valérien Culet sont rapatrié à Port-Jeanne d'Arc, où ils passeront quatre mois.


 
1913 : norvégiens, l'Elgenshere, Port Couvreux, Rallier du Baty

Norvégiens, Elgenshere - Le 22 janvier 1913, le chasseur norvégien Espoir, capitaine Olsen, croise dans la Baie d'Audierne le quatre-mâts Elgenshere, qui se rend à Port-Adélaïde.

Norvégiens - L'Espoir quitte les Kerguelen le 14 février à destination de Cape Town, avec à son bord Pierre Decouz et Valérien Culet. L'Espoir effectue deux autres rotations vers Cape Town dans l'année, avec des départs des Kerguelen mi-avril et fin juillet.

Port Couvreux, l'Yves de Kerguelen - Armé par les frères Bossière, l'Yves de Kerguelen arrive dans les Iles Kerguelen fin avril. Le capitaine Louis Allaire mouille à Port Couvreux et débarque le matériel destiné aux bergers qui doivent être amenés par le Jacques. Le bateau repart des Kerguelen le 31 juillet, sans nouvelles du Jacques.

Port Couvreux, le Jacques - Le Jacques, qui a embarqué 1503 moutons aux Malouines, arrive à Port Couvreux le 17 août 1913, avec à son bord René Bossière qui découvre avec consternation que le Yves de Kerguelen est déjà reparti. Les moutons rescapés du voyage sont néanmoins débarqués ainsi que trois bergers: l'Uruguayen Alfred Alaverry et deux français Bernard Joly et Abel Champalbert. Le Jacques quitte Port Couvreux pour l'Australie le 03 octobre.

Rallier du Baty - La seconde expédition de Raymond Rallier du Baty arrive aux Kerguelen, à bord du ketch la Curieuse, le 22 octobre 1913. Pour cette expédition à but scientifique, le commandant est secondé par le capitaine Jean Loranchet et par le lieutenant Saint-Lanne-Gramont, complété par un équipage de quatre hommes: Henri Boudoux, Yves André, Louis Rabre et Albert Seyrolle.



 
1914 : Rallier du Baty, norvégiens

Rallier du Baty - Après une campagne scientifique de plusieurs mois autour de l'archipel, la Curieuse quitte les Iles Kerguelen le 11 mai 1914. Le voyage autour du monde est interrompu à Sydney, où l'équipage append que la première guerre mondiale est déclarée. Les hommes rejoignent alors l'Europe.

Norvégiens - Les norvégiens renoncent à une nouvelle campagne dans les Iles Kerguelen en raison de la déclaration de la guerre en Europe.



 
1915 : l'Isles of Kerguelen

L'Isles of Kerguelen - Pour rapatrier les dernières personnes présentes aux Kerguelen, le navire Isles of Kerguelen (ex Yves de Kerguelen) est envoyé en plein conflit mondial. Il arrive dans les îles à la mi-janvier 1915, rapatrie les deux gardiens norvégiens de Port-Jeanne d'Arc et les trois bergers de Port Couvreux. Il récupère également le stock d'huile restant et repart des Kerguelen début février. En raison de la guerre, il n'y aura pas d'activité dans les Iles Kerguelen jusqu'en 1920.


 
Sources :

Amiral de BROSSARD : Kerguelen. Tome 1 : Le découvreur. Tome 2 : Le découvreur et ses îles. Editions France-Empire, 1970.
COUESNON, Pierre et GUYADER, André : Histoire postale des Terres Australes et Antarctiques Françaises, des origines à 1955. Publié à compte d'auteur, 1999.
DELEPINE, Gracie : Les îles australes françaises, Editions Ouest-France, 1995.
DELEPINE, Gracie : Histoires extraordinaires et inconnues dans les mers australes, Kerguelen, Crozet, Amsterdam et Saint-Paul. Editions Ouest-France, 2002.
DUCHENE, Jean-Claude : Kerguelen, recherches au bout du monde. Territoire des Terres Australes et Antarctiques Françaises, 1989